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Une injustice … Lorsqu’il apprend que sa maison est sur le point d’être saisie, le sang d’Alain Volatron coule seul. Le fait que son voisin avec lequel il est en conflit depuis dix ans puisse légalement reprendre sa maison suite à une décision de justice est impossible à imaginer.

Il a été condamné à le payer après l’avoir battu, mais il a refusé de payer un seul euro sur les 15 000 qu’il devait. Le voisin n’a pas abandonné la procédure et s’est emparé de la maison qui, après une vente aux enchères, doit lui revenir à ce moment-là.

Ce jour du 26 octobre 2016, des huissiers et un forgeron ont débarqué dans ce paisible hameau de Bussière-Dunoise, accompagnés de huit gendarmes. Alain Volatron est sur un sentier de guerre, vêtu d’un costume et d’un ranger, et se lance dans un remake du film Rambo.

Mettre les gendarmes “hors de combat”

Muni d’un couteau de chasse non rétractable de 20 centimètres avec une lame de 9 centimètres et un fusil de chasse de calibre 12, il a tiré 9 fois avec des cartouches destinées à la grande chasse aux gendarmes puis aux voisins. Au total, il a laissé 4 blessés.

Devant le juge d’instruction, il explique froidement son passage à l’acte. Sa volonté était de “désactiver” les gendarmes. “Face à la menace, nous ne tournons pas le dos, au contraire”. «38 ans après le service militaire, le travail revient», dit-il. Il avoue ce jour-là qu’il voulait aller tuer Michel, ce couple de voisins qu’il croit être à l’origine du conflit.

Condamné à 18 ans de prison par la cour d’assises de la Creuse pour tentative de meurtre aggravé, Alain Volatron, 63 ans, a interjeté appel de la décision le 8 novembre 2019. Pas sur la culpabilité, mais sur le montant de la peine.

Diplôme d’études secondaires et d’ingénieur de 16 ans

«L’énorme agacement contre Michel était réel. Quant aux gendarmes, je suis désolé. ”

La cour d’assises tente de déchiffrer le parcours de l’homme, qualifié d’intelligent, ayant sauté une leçon à l’école primaire, obtenu un baccalauréat scientifique à 16 ans et suivi un cursus de trois ans en école d’ingénieur. Un homme sans problème de santé mentale. Debout, vêtu de noir, les mains derrière le dos, Alain Volatron s’explique de manière calme et intelligible.

Un ancien employé de Renault, puis menuisier, décrypte sa vie comme s’il la commentait. Rétrospectivement, impressionnant dans son analyse introspective. Son enfance ? : “J’ai de mauvais souvenirs.” Ta relation avec ta mère qui a rompu en 1983? «Elle était déprimée. Il prenait des traitements du sommeil, recevait des décharges électriques. J’ai très mal vécu ses absences ».
Des questions personnelles pour aller droit au but. S’il sortait, Alain Volatron pourrait-il recommencer?

Pour le psychiatre qui l’a examiné, Alain Volatron est une personnalité paranoïaque. «Il était en omnipotence. Il s’est positionné en victime. À l’époque, il était convaincu qu’il avait raison. ”

Inquiétant

“Y a-t-il un risque de récidive? C’est la question”, déclare l’avocat général. «Cela ne peut être exclu. Les faits, il a parlé avec une grande indifférence, sont inquiétants », admet le psychiatre.

“La thérapie peut-elle réduire votre danger, vous aider à progresser?”, Poursuit le président. Maintenant, c’est le psychologue qui l’a examiné pour répondre … Lui aussi ramène le point. “A 63 ans, sa capacité à grandir c’est difficile”.

Le procès d’Alain Volatron dure au total trois jours.

Franck Lagier

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